De Pionnière de la Cérémonie Laïque à Doula du Couple
Doula du Couple, ou Enosidoula — un métier que j'ai créé en 2025, à la croisée de mon parcours de Pionnière de la Cérémonie Laïque et de mon rapport intime aux passages du couple. Avant de te dire concrètement ce que je fais et ce que je ne fais pas, laisse-moi te raconter comment j'en suis arrivée là.
Mon Chemin
Entre 2006 et 2008, je m’intéresse beaucoup à tout ce qui touche le Féminin, le cycle menstruel et la maternité. Je suis mariée depuis septembre 2004, c’est une suite logique. Et même si finalement en 2008 mon couple vole en éclat et que la séparation s’officialise au premier janvier 2009, je n’ai jamais perdu l’intérêt pour ces sujets, bien au contraire.
Et lorsque je tombe enceinte en 2010, c’est naturellement que je partage le déroulement de ma grossesse à la fois sur le forum des Laïciennes mais aussi sur le forum Ensemble Naturellement regroupant des mamans de la région Aixoise. C’est ici que je vais rencontrer ma première Doula , celle qui m’accompagnera lors de mon Blessing Way en janvier 2011.
Déjà passionnée par l’accompagnement de la femme à l’époque, je me suis tâtée un temps à me former pour devenir moi-même Doula.
Aujourd’hui, le mot Doula et le métier en lui-même est bien mieux connu qu’il y a 20 ans. On sait qu’une Doula est une accompagnante à la naissance, dans un cadre non médical. Le terme vient du grec ancien doula qui désignait la femme esclave ou servante qui s’occupait des soins de sa maîtresses, incluant la grossesse. Les doulas en France commencent à apparaître autour de 2003 et c’est en 2006 que l’Association Doulas de France voit le jour, permettant de fédérer autour d’une charte déontologique et mettant en place des socles de compétences et des formations spécialisées, même si le métier n’a pas de statut officiel encore aujourd’hui.
Vers la fin des années 2010, on voit apparaître un autre type d’accompagnement proposé par les Thanadoulas ou doulas de fin de vie. Là encore, nous sommes sur un accompagnement non médical, destiné à offrir une présente humaine, une écoute, un soutien émotionnel aux proches et d’aider à l’organisation logistique et mémorielle. Ici, on associe le mot grec ancien Thanatos (la mort) à celui de doula.
De la naissance à la mort, on peut se faire accompagner pour traverser ces passages avec plus de douceur, de sérénité, de confiance et de soutien.
Le jour où une mariée m'a appelé... pour du SAV
En 2025, j’ai ressenti le besoin de clarifier mon offre d’accompagnement et les personnes à qui je m’adresse. Fin 2024, j’avais déjà pris conscience qu’après un détour focalisé sur l’accompagnement de la femme, j’avais envie et besoin de revenir au couple, moi la Pionnière de la Cérémonie Laïque en France.
J’avais arrêté le métier de Wedding Planner quelques années avant, mais je savais déjà que je voulais continuer à faire des cérémonies. Pour autant, j’étais à la recherche de plus de profondeur, de sens, de conscience et, de ramener une forme de sacré dans le mariage. J'ai marié des centaines de couples en plus de 20 ans de métier, et j'avais toujours un pincement au cœur quand j'apprenais le divorce de l'un d'entre eux. En France, environ 45 à 46% des mariages se soldent par un divorce, un ratio stable ces dernières années selon l'Insee — même si ce chiffre doit se lire avec nuance : il y a aujourd'hui moins de mariages et davantage de PACS, dont la dissolution n'est pas comptabilisée de la même façon. La réalité des séparations, mariées ou non, est donc probablement encore plus large que ce chiffre officiel.
J’étais moi-même divorcée, je m’étais remariée en 2015, et j’avais failli divorcer à nouveau en 2023. Je sais donc comme il est compliqué de tenir sur la durée dans un couple et surtout combien s’aimer ne suffit pas.
A l’été 2025, une de mes mariées m’a appelé et m’a demandé si je ne faisais pas de SAV car ils étaient en train de divorcer. Cette synchronicité était parlante, car j’avais vraiment envie d’accompagner le couple au-delà de la création et de l’office de la cérémonie. Mon offre commençait à se poser quand un matin, au réveil, j’ai eu une sorte de fulgurance.
Doula du Couple, Enosidoula : le mot qui manquait
Doula du Couple. Voilà, c’était ça.
Après tout, c’est un complément logique, non ?
La Doula accompagne avant, pendant et après la naissance.
La Thanadoula accompagne parfois avant, mais aussi surtout pendant et après la mort.
Il ne manquait plus que l’Enosidoula, celle qui accompagne l’Union. Du grec ancien henosis qui signifie littéralement « l'action de s'unir », « l'union » ou « le fait de ne faire qu'un » (dérivé de hen, qui signifie « un »). Être là pour accompagner le lien, l’union d’un couple ou la reconnexion profonde à soi-même et son couple intérieur.
J’ai souri… A croire qu’inventer des métiers me plait. C’est vrai quand on y pense, j’ai largement contribué à l’éclosion et l’encadrement du métier d’officiant de cérémonie laïque. Et aujourd’hui, je crée la Doula du Couple. Et, quelque part dans mon esprit, il s’agit aussi d’une évolution possible du métier d’officiant, mais j’en parlerai peut être dans un autre article.
Alors, concrètement elle fait quoi, une Doula du Couple ? Et surtout, qu’est ce qu’elle ne fait pas.
Je ne peux parler que pour moi aujourd’hui, comment moi je me vois dans ce rôle mais le métier peut bien évoluer au-delà de ce que je propose personnellement.
Ce que je ne suis pas
Je le dis clairement, je ne suis pas conseillère conjugale et familiale. C’est un métier légiféré, encadré par des textes de loi pour lequel on doit avoir un diplôme d’Etat préalable dans le secteur médical, paramédical, social, psychologique, éducatif ou juridique. L’approche y est pragmatique et concrète, axée sur les faits du moment présent et l’objectif est de résoudre une crise immédiate, d’améliorer la communication quotidienne ou de dénouer un conflit ponctuel.
Même si mon approche peut s’apparenter à celle du thérapeute de couple et qu’il s’agit d’un titre libre, sans diplôme d’Etat, mais qui, à mon sens requiert une véritable expérience professionnelle et thérapeutique comme psychologue, psychiatre ou psychothérapeute ayant suivi une spécialisation complémentaire, je ne me présente pas ainsi. En effet, le thérapeute va avoir une approche en profondeur en s’appuyant sur la psychologie ou la psychothérapie pour comprendre comment l’histoire personnelle et familiale de chaque partenaire influence la dynamique du couple.
Ce qui est certain et non négociable pour moi, c’est que je n’accompagne pas un couple en crise sévère, à deux doigts de la rupture et pour qui ce serait l’accompagnement de la dernière chance. Pourquoi ? parce que, souvent malheureusement, dans cette démarche de la dernière chance, l’un est plus engagé que l’autre qui est déjà sorti de la relation. Et il me semble très compliqué d’avoir un engagement équivalent des deux protagonistes dans cette situation. Je ne suis pas là pour sauver un couple.
Ce que je suis et à qui je m’adresse
Alors concrètement, qu’est ce que je propose en tant qu’Enosidoula ? A qui je m’adresse ?
Je vais m’adresser à un couple engagé dans un travail commun, qui a vécu ou vit des hauts et des bas, mais a aussi une envie profonde d'y croire et de faire le travail ensemble. Marié ou non — peu importe.
Parce que ce couple-là a touché du doigt la crise et a décidé de continuer ensemble, parce qu’il y a de l’amour oui, mais aussi de la conscience que ça ne suffit pas et qu’il y a un vrai travail de fondation à refaire. Il a envie de comprendre ses schémas qui se répètent, les blessures qui s’activent, les attentes qu’il projette. Il cherche à mieux communiquer oui, mais pas juste en ayant quelques tips de reconnexion, de CNV et d’écoute active. Il a envie de regarder son couple et son histoire en faisant un pas de côté, avec des lunettes qu’il n’a jamais eu et qui lui montrent tout ce qu’il ne voyait pas avant.
Je vais m’adresser aussi à la femme en couple pour qui « sur le papier tout est parfait » mais qui sent au fond d’elle que quelque chose coince et ne comprend pas quoi. Et qui se sent seule dans cette démarche, car son conjoint n’est pas prêt à changer quoi que ce soit pour le moment.
Mais je vais aussi m’adresser à la célibataire qui se reconnaît dans les schémas relationnels qui se répètent et qui en a marre. Elle ne veut plus recommencer les mêmes erreurs et souhaite créer une relation saine et sereine.
Et il y a aussi ces couples de futurs mariés, qui recherchent une personne pour créer avec eux la cérémonie de leur engagement et qui voient ce moment non comme une animation supplémentaire le jour J, mais comme un véritable fondement de leur union. Ils veulent une cérémonie qui raconte vraiment leur histoire et qui soit un espace où leur engagement prend tout son sens, en conscience. Lors de notre rencontre, ils peuvent ressentir/exprimer une envie de profondeur supplémentaire, une préparation à l’engagement au-delà de la création et l’office de la cérémonie.
Ce que je tiens dans cet espace
Mon accompagnement va permettre de remettre de la conscience là où il y a répétition, de la douceur là où il y a tension, et du vrai là où il y a des rôles.
Mais aussi de comprendre les bagages que chacun porte sans le savoir et qui ne leur appartient pas. De nettoyer en profondeur ses propres racines, sa propre relation à son couple intérieur, son Féminin et son Masculin afin de construire à deux sur des bases saines.
Et je tiens aussi l’espace pour accueillir également la conscience que le contrat est arrivé à son terme, le lien n’est pas fait pour durer et d’accompagner la séparation dans l’honnêteté, la douceur et le respect.
Aujourd'hui, je continue évidemment de créer et célébrer des cérémonies — mais je peux aussi, désormais, accompagner les couples qui souhaitent construire des bases plus solides avant, ou après, ce grand jour.
Une troisième voie
Parfois dans un couple l’amour est toujours là, mais il ne suffit pas à faire durer la relation. En avoir conscience est déjà un premier pas vers un couple plus honnête et conscient.
On peut choisir de consulter un thérapeute de couple, un conseiller conjugal et on peut aussi ne pas se retrouver dans ces pratiques et avoir envie d’une troisième voie.
Pour moi, la Doula du Couple ouvre cette troisième voie.
Alors, dis-moi, est ce que tu sens que tu /ton couple aurais/aurait besoin de ce genre d’espace ?